Les « smart cities », villes connectées de demain



Partout dans le monde, de nombreuses villes se réinventent et se transforment afin de tester leur propre modèle de « smart city ». Technologique, connectée, innovante, écologique, respectueuse, agile, adaptée : les mots ne manquent pas pour qualifier la ville modèle de demain. Mais concrètement, qu’est-ce qu’une « smart city » ? 

La « smart city » 

Face à une croissance démographique urbaine toujours plus accrue (aujourd’hui 50% de la population mondiale vit dans les villes, chiffre qui atteindra les 70% d’ici 2050), nos villes modernes sont confrontées à divers enjeux sociétaux, environnementaux et économiques. Ainsi, le concept de « smart city », francisé en « ville intelligente », s’inscrit dans le prolongement de celui de la ville durable de demain – à savoir, une ville adaptée aux besoins du présent, ayant intégré l’impact de la transition numérique, qui préservera les ressources pour l’avenir. 

La CNIL, elle, définit la « smart city » comme suit : « La ville intelligente est un nouveau concept de développement urbain. Il s’agit d’améliorer la qualité de vie des citadins en rendant la ville plus adaptative et efficace, à l’aide de nouvelles technologies qui s’appuient sur un écosystème d’objets et de services (…) » 

Les 3 grandes promesses de la ville intelligente
  1. Une ville efficace et contrôlable grâce à l’alimentation en données (open data) ; 
  2. Une ville stimulanteil fait bon vivre grâce à l’amélioration de la qualité de vie ; 
  3. Une ville durable grâce au fusionnement entre le numérique et l’environnement afin de produire des énergies renouvelables et ainsi réduire ses consommations

Top des villes smart dans le monde
  • Oslo, la capitale norvégienne connectée : la ville d’Oslo a misé sur l’éclairage public intelligent afin de réduire sa consommation d’électricité de 70%. Le principe : 10000 lampadaires équipés de capteurs adaptent leur luminosité en fonction des saisons et des besoins. L’exemple norvégien a séduit et inspiré d’autres villes européennes qui se sont engagées à utiliser le même système de lampadaires connectés. Son autre chantier : faire en sorte de supprimer l’usage de la voiture en ville en menant en place une politique de mobilité basée sur les transports en communs. 
  • San Francisco, la ville américaine et son open data : depuis 2009, San Francisco a mis à disposition de ses habitants ainsi que des divers acteurs privés des données municipales en libre-accès. Le but : être transparente et permettre la création d’applications conçues pour faciliter la vie de ses citoyens et ainsi les informer dans divers domaines (santé, mobilité, biodiversité..). Très engagée dans le développement durable, elle s’est aussi engagée à ce que l’intégralité de ses services passent à l’électricité 100% renouvelable. 
  • Londres, la smart capitale britannique : depuis plusieurs années déjà, Londres est impliquée dans une démarche intelligente et durable. Afin d’impliquer ses citoyens, elle a mis en place une plateforme en ligne qui regroupe toutes les informations utiles pour vivre, travailler et circuler dans la ville. Cette plateforme permet également de recueillir leurs avis et opinions grâce à des enquêtes et sondages. Elle a aussi développé un système d’incitation à la marche à l’aide de bornes interactives. 
  • Barcelone, un modèle de ville intelligente : avec son Urban Lab, Barcelonne a mis en place un laboratoire d’expérimention à destination des entreprises leur permettant de tester des projets innovants avec l’appui des services de la ville. Également très connectée, elle est dotée de nombreux capteurs pour les éclairages, feux de signalisation ou encore les espaces verts. Ses autres préoccupations sont les déplacements et la mobilité, ainsi que la collecte intelligente de déchets. 
  • Singapour, LA « smart city » par excellence : dans une ville où 85% de ses habitants possèdent un smartphone, Singapour a lancé un programme baptisé « Smart Nation » afin de répondre aux enjeux de mobilité, de gestion dénergie et d’innovation verte. Gratuité des transports sur certaines tranches, modulation des tarifs des péages en fonction de la circulation – voici quelques-unes de ses mises en application. Par ailleurs, et pour favoriser l’émergence des services dédiés à la ville, elle a ouvert une des premières plateformes d’open data gouvernementale dont l’objectif, avec sa politique de collecte de données, et de multiplier les applications concrètes tels que les services publics digitalisés, paiements mobiles généralisés, etc..

Et la France alors ? 

Quelques exemples de projets smart menés par nos villes françaises : 
  • La ville de Dijon travaille actuellement sur la construction d’un poste de pilotage centralisé qui aura pour tâche la gestion de l’éclairage public, des feux de circulation, de l’énergie, etc.. Premiers tests prévus pour début 2019. 
  • Via le projet SunRise, l’université de Lille s’est dotée d’un laboratoire « d’intelligence urbaine » autour du concept de la « smart city ». Les expérimentations en cours portent sur la mise au point d’un réseau intelligent autour de l’eau potable, de l’électricité ou encore du chauffage.
  • Depuis 2016, Roubaix a ouvert un portail en ligne afin de mettre à disposition des citoyens et des acteurs du territoire ses données numériques : plans de la villes, listes des commerces, informations budgétaires, etc.. 
  • Bordeaux métropole a, elle, lancé son expérimentation d’IoT public à l’échelle d’un quartier afin de tester l’éclairage intellaigent, la supervision de l’énergie et le contrôle de la pollution atmosphérique. 
Matthieu Dubois
Lexique :
  • Les Open Data, ou données ouvertes, sont des données auxquelles l'accès est totalement public et libre de droit.

Sources : 



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